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Jui

Parking 2/2

Ils sont partout, adossés au maisons, entre chaque bloc urbain, multicolores et inventifs. Loin de la grisaille que l’on imagine pour ces lieux utilitaires.

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Jui

Day 15 - Ueno, Odaiba, Shimbashi

A Ueno, il y a ce musée des sciences naturelles qu’on a en général pas l’idée de visiter. Après tout, les sciences sont les mêmes partout. Chez nous ou au Japon. Comme les jardins botaniques, il ne faut pas hésiter à les visiter, ils sont souvent à l’origine de bonne surprises. Et sourtout, ne pas rater le 360 theater, ou vous êtes debout dans un globe qui transmet des films en panoramiques. Incroyables sensation de voler que je n’avais jamais vécue auparavant.

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Plein d’enfants en train de faire les centaines d’exercices pratiques amusants et didactiques.

Quelques panoramiques :

Odaiba. Une vue magnifique sur la baie, une fausse plage, 3 centres commerciaux géants et pleins de surprises, le Sega Joyplaza, le sony ExploraScience, le Toyota web mall, le Fuji telecom center,  le National Museum of Emerging Science, le Oedo Onsen monogatori, Venus Fort, le Tokyo Big sight. Et pour y aller un train panoramique très spectaculaire, le Yurikamome (à partir de Shimbashi, 310 à 390 selon le lieu ou vous vous arrêtez, pass illimité à 880), qui a lui seul vaut le déplacement. Plus cool que le temple Meiji, plus fun qu’Asakusa, plus japonais que Shibuya, c’est Odaiba. A ne rater pour rien au monde.

Vous pensiez avoir tout vu en matière de packaging de bouteille ?

Le takoyaki museum, pour les amoureux du genre. Poulpe à gogo (Deck center).

Ils ont enfin réussi à choper Sadako…

Le fuji center, lieu iconique (mais pas indispensable) de la promenade

Quelques panoramiques :

L’intérieur d’Aquacity Odaiba :

Ou l’on trouve de chouettes salles de jeux, comme dans tous les autres building de la promenade. 

Quand vous revenez d’Odaiba, allez vous prendre un verre au 49eme étage d’une des tours de Shimbashi/shiodome. Le lieu est planté de buildings immenses, et les cocktails dans les cimes, toujours une bonne expérience. Ils se méritent… Pas nécessairement évident à trouver, car toutes les tours ne sont pas pourvues.

La carte du bar Oregon, cocktails à 5 euros pendant les happy hours. Au Shiodome City Center.

Et le plan d’un autre lieu bien fourni : le Caretta Shiodome, un peu plus populaire.

Et ne pas oublier d’aller faire un tour au musée de la pub pour se ressourcer un brin.

Quelques panoramiques de shimbashi :

Petite journée.

En rentrant, une trotte sur le parvis d’Ebisu, c’est la bonne lumière. C’est aussi la semaine du sirop d’érable organisée par le Canada, une grande structure en globe au centre de la place, qui diffuse des vidéos. Bonne idée et illustration d’une vérité constante : tokyo est une ville fun. Il y a toujours plein de lieux où s’organisent des événements publics.

30

mai

Day 7 - Nikko

Journée perdue.

Parti pas trop tard de kyoto, mais le temps de rejoindre la gare et de sauter dans un train, ça me pousse assez tard dans mon planning, d’autant que la journée est compliquée. Je pense que je me suis débrouillé comme un manche. Mais bon, pour monter de Kyoto à Nikko, de toutes façon, c’est 5 heures pleines, sans compter les correspondances. Je suis assez impressionné d’ailleurs par cet aspect. Au guichet la fille me donne un ticket de départ pour Utsunomiya 10 minutes exactement après mon arrivée à Tokyo. 10 minutes de transfert à Tokyo gare… Un peu limite. Sur le coup je lui demande quand même si c’est ok, vu que c’est quand même une grosse gare. Elle me regarde avec cet air poli qui veut dire “il est un peu bête celui la”, donc je me dis que c’est sous contrôle. Le fait que je me sois endormi dans le shinkansen n’y a pas changé grand chose. C’est une petite vieille qui me réveille à Tokyo alors que je suis le dernier dans la rame et que le service (impressionnant) des femmes de ménage commence à  oeuvrer. En gros il me reste 7 minutes. Je descends dans la gare un peu desespéré et je chope juste un mec en uniforme qui a l’air d’attendre qu’on l’aborde, ce qui doit être le cas, et il me dirige immédiatement vers le quai, qui est à 50 mètres. C’est en effet parfaitement pensé pour un transit facile. 

Nikko c’est la campagne. Et une ville rue. Il y a 2 gares distinctes à 200 mètres de distance. Une JR, une Tohobu. Va comprendre. Il pleut, doucement mais non stop. Comme un début de pluie, avec de petites gouttes éparses, sauf que ça dure. Pas de quoi mouiller, mais un peu quand même. Mais surtout, il fait froid. La rue, qui trace la ville est immense, plusieurs kilomètres. Quand on regarde un plan ca à l’air d’un village avec une route principale, il faut pas s’y fier. Je m’en rend compte en allant au “infometion center” qui est assez bas sur mon plan. Rien que ça il me faut un bon quart d’heure. Le mec me dit d’attendre le bus pour aller jusqu’à mon hôtel et qu’a pied il y a 30 minutes. Je me mets devant l’arrêt en face et trifouille mon plan.

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Un vieux monsieur passe et me demande où je vais, je lui dis “Nishi Sando”. Il se marre et me fait “go walk, go walk !” en faisant le geste des deux doigts qui marchent et en ajoutant “ten minutes”.

Admettons. 

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Me voila parti à pied avec mon duffle un peu chargé maintenant, pas très rassuré, d’autant qu’il commence à faire un peu sombre. La ville est morte, tout est fermé. On dirait une station balnéaire au milieu de l’hivers. 

IL ne pleut plus, mais il y a de l’eau partout. C’est vraiment ce qu’on peut appeler une ville d’eau. Ca glougloute, ça goutte, ça dévale, dans des ruisseaux, des robinets moussus, sous mes pieds sous la rue. Et la rivière fait un boucan du diable. Les seuls trucs ouverts sont un 7eleven et un autre conbini juste en face. 

Mon hôtel est isolé, au bord de la rivière. Il m’a fallu 15 minutes pour l’atteindre. Entre deux pour ce qui est des annonces des locaux donc. Assez sympa, propre avec un personnel sympa, ce qu’il faut. J’en avais marre du ryokan, je m’en aperçois seulement la. Il y avait tout le temps des américains en train de blablater avec la patronne dans le salon, sur leur vécu à eux en général. Y’en avait pendant 1 heure un soir tard il causait. Avec une voix à la Woody Allen absolument insupportable. Et la patronne me faisait peur, impossible de m’en débarasser quand je la croisais. Je suis sûr que ce genre d’endroit ravit les américains… Les gens croient qu’ils vont vivre à la japonaise dans un ryokan. Ils vont juste vivre dans une chambre japonaise. C’est déjà ça. Mais croire que parler américain avec une taulière qui s’est complètement formatée aux touristes (américains pour l’essentiel), c’est vivre japonais, mouais…

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Rien à voir ici. C’est d’une tranquillité évidente. Le personnel ne surjoue pas. Ma chambre est petite, et donne sur la rivière. C’est un grondement assez aiguë, auquel il m’a fallu m’habituer. Je pensais qu’il s’agissait de la clim, et à plusieurs reprise je me suis pris à chercher la zappette pour  l’arrêter. Pas si gênant que ça au final. Moins que la lumière qui filtrait tous les matins. Car il n’y avait pas de volet, à part les fenêtre coulissantes en papier blanc. Pas très efficace.

Je pose mon sac et sors immédiatement. Les temples ne sont pas loin, et j’aime bien les temples au crépuscule.  Moins de monde, belle lumière. Personne sur le chemin, tous les temples sont éteints, personne sur les lieux. Ok, pourquoi pas, ca sert à quoi d’illuminer s’il n’y a personne. Je remarque quand même que le Rinno-Ji (un des 4 temples à ne pas rater) est dans un immense caisson. Pas de chance.

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Je retrourne vers le centre ville tout est fermé à part à part un yakitori qui brille comme un bordel dans la nuit. Recommandé par le “loney planet”, on est en territoire américain. Y’avait juste des allemands, avec qui je n’ai pas parlé. C’était pas mauvais au demeurant, et ambiance sympa. Ume chu.

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Le lendemain, je prend mon ptit dej, 

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j’achète mon pass pour les temples.

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Et roule

Ca commence très bien, il n’y a personne. Le ciel est tout blanc, une fois de plus.

Tout cela est magnifique, extrêmement ouvragé et d’un ambiance vraiment reposante.

On imagine ça il y  a deux siècles, ou seuls les marcheurs d’étape du Tokkaido s’aventuraient dans le coin, et où la notion de tourisme n’avait guère de sens. Pas de clim, des moustiques mortels, et des crues titanesque. Pourquoi les crues ? C’est une région plein de flotte d’abord. Et il y aussi a le “golden bridge”, ce pont célébrissime, qui est une reconstitution car l’original a été emporté par une crue. Emporté par une crue ? Il doit être a 20 mètres de haut, facile. La crue qui a pu abattre un pont pareil, ça doit faire vraiment peur.

A partir du second temple, tout d’un coup c’est une invasion de sorties de classes et de maisons de retraite. Je dois être un des rare, avec les membres du personnel qui encadrent toute cette troupe, à avoir entre 20 et 60 ans. Normal. Pour les mômes, c’est un rituel rodé. Ils attendent assis devant l’entrée pendant que plusieurs adultes expliquent un peu les choses. Des référents sont désignés, ils ont des petits drapeaux, et tous les autres le suivent. Ils forment des groupes, avec d’autres référents qui ont l’air de questionnaires, auxquels ils répondent collectivement. Une sorte de jeu pédagogique. Chaque groupe a son chapeau de couleur, facilement reconnaissable. Ils passent dès l’entrée par une photo de classe. Alors ils crient tous un mot quand on leur dit, genre “kawaiiiiii”, en faisant le signe de la victoire. Une fois dans le temple, un moine les prend en charge et semble leur expliquer ce qu’ils doivent sans doute savoir déjà : on claque les mains, on salue de la tête et on fait une prière, les mains jointes, comme chez nous. Et après tous le monde se lève, remet ses chaussures et c’est le groupe suivant.

C’est quand même assez épuisant tous ces mômes et ces vieux. 

Je me réfugie dans un jardin zen, très joli.

Et je vais manger dans une chaine assez énorme, mais ou on peut fumer. Une petite formule avec refill illimité de sodas locaux : watermelon, raisin, calpis. Le calpis. c’est vraiment un truc qu’on trouve qu’ici et en corée. Très particulier avec sa couleur laiteuse. A base de lait et d’acide lactique. 

Le musée de la laque m’attend, dans un coin complètement improbable de l’autre côté du fleuve, dans la forêt. Je ne le trouve que grâce, une fois de plus, à ma maigre connaissance de caractères. Cela n’empêche, c’était fermé. Assez grosse loose.

Un dernier point à mon programme, les bains municipaux de nikko. Les bains dans la région sont surtout dans les hôtels. Le mien, que je recommande : l’Annex turttle Hotori en a un, mais comme souvent dans les hôtels, les bains sont petits, quoique sympathiques pour mon cas. A moins d’être dans un hôtel super luxe„ difficile de se faire vraiment plaisir. Celui de la ville, à une vingtaine de minutes en bus à l’air assez grand. Un peu galère d’accès, d’autant que le bus qui m’y mène et devrait m’y déposer continue sur sa route sans faire le détour. Heureusement, je suis attentif aux arrêts annoncés et pose immédiatement la question au chauffeur, qui me dit, en faisant le signe avec les doigts qui marchent, qu’il faut y aller à pied. Une habitude de la région. Il me reste un peu moins de deux heures pour y aller, profiter, et revenir. C’est à un kilomètre, sur une route isolée  qui passe sous un expressway surréaliste au milieu de la forêt.

Le bain c’est toute une aventure acquise lentement, et que j’ai longtemps peu apprécié pour le nombre d’écueils et d’inconnus auxquels on est confrontés. La, bien entendu, tout le monde me regarde un peu comme un mutant quand j’arrive, mais je fais comme si de rien était, j’achète mon billet à la machine comme un grand, et fait ce que j’ai à faire. J’ai bien pensé à prendre ma petite serviette, même si je peux en avoir sur place, et mes affaires de toilette. Les bains sont spacieux, une bonne vingtaine de tabourets, et 3 différents bassins, dont un en extérieur, ainsi qu’un sauna. Mes voisins qui se rasent le visages me font des sourires amusés quand ils me voient me raser la tête. J’ai ce léger sentiment qu’ils décrivent parfois : 裸の付き合い, “la communion dans la nudité collective”. En attendant, le décrassage du bain est une expérience qui donne toujours cette impression de totale pureté quand on en sort. Un jeune tatoué sur la moitié du corps apparaît soudain dans la salle, qui sautille nerveusement. Ni une ni deux, sans même passer à l’étape du nettoyage, il se jette dans un des bain. Il en ressort immédiatement pour aller vers les bains extérieurs, qui se vide soudain de ses occupants. Je sais pas si c’était un yakuza, mais le rapport de l’audience avait un peu changé. Clairement ils essayaient d’éviter sa présence. 

Il me reste une dizaine de minutes quand je passe la porte, pour récupérer la route principale ou passe le bus qui me redescend jusqu’ à chez moi. Sachant qu’il y a 7 kilomètres, je n’ai pas trop envie de me les taper à pied.  Je marche donc d’un bon pas sur la route isolée. Une semaine qu’on me dit qu’il y a des singes partout, sans les voir. Et la il y en a 3 arrêtés au milieu de la route, et un autre qui traverse un peu derrière. Je sais pas vous, mais moi ces bestioles ça me fait un peu flipper. Imprévisibles et méchants. Ca tombe plutôt mal, et je dois bien passer. Heureusement, une voiture inespérée apparaît soudain et fait fuir les bestioles. Pour une fois que j’ai de la chance dans cette journée.

22

mai

Day 5 - KenninJi - inoda - Linns…

Je commence à atteindre mon point critique en terme de visite de temples, même si je n’en ai pas vu beaucoup. Je n’ai pas trop l’esprit à faire ce qu’il faut pour bien les apprécier, ni les moyens. Un temple, c’est comme une église, si on n’en comprend pas les principes, ça reste un peu vain quand on en voit 10 d’affilé. Juste un exercice esthétique.

Ce matin la, je m’étais dit que je m’en ferai un de plus, en allant “downtown” : le Kennin-ji. Le temple préféré des japonais au japon paraît-il. Mais très peu de touristes occidentaux. Ambiance tranquille de ces temples boudhistes qui sont encore des lieux de culte actifs. Particulièrement celui-ci, fondé il y a 800 ans par Yousai qui en a fait le premier temple Zen en importé cette religion. Il est aussi connu pour avoir créé la cérémonie du thé. Bref, un grand monsieur. Calme, chuchotements, senteurs boisées et plaisir de marcher pied nu, de s’assoir par terre à juste observer, sans trop réfléchir.

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Il y aussi les originaux de ces représentations classiques de l'art japonais de l'époque monoyama, (les dragons) qui sont leurs “mona lisa” en quelque sortes, avec les personnages de sharaku et la vague d'Hokusai. C'est dans ce temple aussi qu'il y a les deux originaux de Sotatsu que j'ai sur mes zippos : le dieux du vent et celui du tonnerre. 

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Bref, je ne pouvais pas manquer ça.

D’ailleurs, ils ont été repris par un artiste local, en géant, en interprétation libre, mais assez proche de la réalité. C’est sur un des plafonds du temple, et ça doit bien fait son 400m2 de surface. J’y reste plus de temps que prévu.

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Il faut encore que je sorte de Gion et que je traverse le pont qui enjambe la rivière kamogawa pour arriver dans la zone du centre ville. Sur le chemin, il y a ce petit temple avec une pierre trouée sur laquelle il y a d’innombrables petits papiers de voeux empilés. Le rite semble vouloir qu’il faille passer dans le trou. Il n’y a que des femmes qui passent. Je pense que la signification est plus ou moins liée à la féminité. Je vois pas ce que je peux dire de plus.

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Je passe le pont, et la c’est le début d’une rue assez connue : pontocho. C’est la rue qui longe la rivière, qui est assez laide.

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On y trouve d’innombrables gargottes et restaurants chics. Mais c’est assez sympa. Très touristique, mais du tourisme local. Quasiment rien n’est marqué en japonais. Et c’est assez cher aussi. Il y a une sorte de taxe locale d’entrée, de 300 à 500 yens (3 à 5 euros). Je décide d’aller dans un truc plus simple, qui fait des tempuras pas trop cher, dans une rue latérale. Je vois ma voisine ce commander un chawan muchi. J’avais complètement oublié l’existence de ce plat, une sorte de flan salé et chaud avec des crevettes et divers morceaux de poissons. Solide, dans un léger bouillon très gouteux, c’est absolument délicieux. Je m’en commande un illico.

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Ensuite, j’attaque le centre.

Il y a des boutiques absolument typiques qui déclinent tous les raffinements des divers arts du quotidiens : le sacs, les kimonos, les gettas (leurs chaussures), les portefeuilles, les baguettes, les milles spécialités patissieres… On a l’impression que pour chaque domaine que je cite, ils ont des techniques millénaires, des modèles à l’infini. Et c’est sans doute le cas. Pour les raffinements, ils vont vraiment au bout des choses, et ils le partagent. Je me dis chez nous c’est pareil, mais c’est moins communément partagé par notre population. Ici, rien que dans une rue il doit y avoir 4 ou 5 boutiques spécialisées dans les portefeuilles, et une dizaine dans les kimonos. Quant aux patisseries ou aux boutiques de légumes marinés (présentés comme des sacs dior), il doit y en avoir une vingtaine, et je parle bien d’une seule rue (Sanjo). Il faut croire qu’ils ont un public pour cela, qui apprécie les artisanats.

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Bien entendu, je m’achète un set de baguettes pour compléter ma collection. indispensable !

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Au bout du chemin, je tombe aussi sur un centre commercial qui s’appelle “cocon Karasuma” où je trouve une superbe boutique d’encens (no photos please), manifestement une marque connue, qui présente les encens un peu comme des bijoux. Je me vois aussi contraint de consommer. Me suis acheté un bruleur super original, avec une minuscule fente sur le dessus, qui laisse passer l’encens comme un rideau de fumée. Indispensable aussi non ?

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Je commence à être chargé et mon “Time Out” me conseille d’aller prendre un thé à Iyemon qui n’est pas loin.

Sur le chemin, je tombe sur un café : Inoda café. 

Je sais pas trop ce qui m’a arrêté, le destin sans doute car le lieux ne paye pas trop de mine de l’extérieur. Mais j’ai su immédiatement une fois à l’intérieur que j’avais fait le bon choix. Tout au fond, derrière les tables de la rue, il y a un grand bar circulaire, au centre duquel officient 5 serveurs habillés en blanc. De vieux japonais lisent leur journaux, dans de profond fauteuils en cuir patiné, sur pivot, assez décontractés. D’autant que les journaux, c’est le grand format, qu’on a tous abandonné en france (au profit du dit “berlinois”) depuis longtemps en europe. Je m’assoie et observe un moment les serveurs qui font comme une danse rituelle de préparation du café. C’est vraiment marrant. Il n’y a pas de déca, mais je fait une entorse. C’est du café américain, doux, mais il est vraiment bon. Ma petite cuillère est un peu kitch, dorée, lourde. Comme j’observe l’objet avec attention, mon voisin confirme : “goloudou !”, avec un grand sourire. C’est de l’or. A 4 euros le café, c’est une bonne affaire, d’autant qu’on peut cloper pépère. Je quitte l’endroit à regret.

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Je reprends ma route, passe par un petit temple que tu n’aurais pas aimé, vu le nombre incroyable de pigeons. Il y a un groupe entier en prière, qui psalmodie de manière lancinante dans les fumées d’encens et le bruit des cloches frappées à grand coup par les pélerins toutes les minutes. 

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Je suis juste à coté d’un marché connu de la ville. Très pittoresque, très coloré, très appétissant, avec mille spécialités qui font envie, énormément de poissonneries aussi. Je me mange une sucette-pieuvre. Un peu horrible quand on y pense, mais très bon.

Je rentre au ryokan. J’ai rendez-vous avec Damien à 19h00. Cela fait plusieurs mois que l’on sait que l’on y sera ensemble, donc voila. Petite soirée sympa à boire des coups dans un bar, ou je redécouvre le ume chu, une boisson légèrement alcolisée à base de prune sucrée. Ensuite on tombe sur un petit restaurant, limite isakaya, qui nous sert de la belle friture, ma première depuis mon arrivée : des sortes de raviolis frits aux oursins pour moi ainsi que des makis frits composés de seiche et d’oeufs de poisson. Je sais ça a l’air bizarre, mais vraiment, la rien qu’à en parler j’ai envie d’y retourner.

21

mai

Day 6 - Kyomizu Dera, Fushimi Inari, Kyoto station…

Hier soir vraiment du mal à m’endormir, sans doute parceque trop fumé et un peu bu avec Damien que j’ai retrouvé à kyoto. C’était sympa. Ils étaient à vélo, moi à pied. On a du tourner 10 minutes autour d’un parking réservé pour eux. Compliqué le vélo ici, la fourrière est prompte et efficace. On a d’ailleurs eu un peu de mal en fin de soirée. Au début c’était juste qu’on est des boulets, ensuite qu’on était un peu ailleurs. Du coup aussi, je suis rentré suffisament tard pour ne pas pouvoir faire mon compte-rendu habituel sur ma 5eme journée. J’essaie de me rattraper quand je suis à Nikko, d’autant que j’ai plein de choses que je veux te raconter.

Du coup aussi réveil un peu tardif, à 10h00. Je sors du ryokan sur les 10h30 et me dirige presqu’immédiatement vers la seule obligation que je me suis fixé aujourd’hui, le temple de Fushimi Inari, dédié au culte du renard, petite trotte d’une heure dans la forêt. Une forêt de “Toris”, ces structures en bois qui marquent l’entrée des temples. La il y en a Sur 4 kilomètres, des milliers. J’ai déjà fait cette ballade, elle est toujours relaxante.

Il fait beau quand je sors, le vrai soleil. Mais de gros nuages aussi, très spectaculaires. 

Je me dis que je vais quand même aller au temple de Kyomizu Dera, à 200 mètres de mon hôtel. J’étais horrifié, en arrivant ce weekend, par la foule incroyable de la petite rue qui mène vers le flanc de la colline, où se trouve cet ensemble qui est un des plus beau de la ville. C’est moins dense aujourd’hui, essentiellement des élèves en uniformes. Donc plutôt bruyant, mais ca ne piétine pas.

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Malgré tout, le temple lui même est impraticable. Je te mets le seul panoramique que j’ai fait, mais ce n’est pas du tout représentatif du lieu, qui a de très belles pagodes à étage. J’ai déjà de centaines de photos d’ici alors ca me stresse pas trop.

En redescendant, je me ballade dans les rues. On est dans Gion, le quartier des geishas, et c’est vraiment plein de petites ruelles et de temples isolés. Le panoramique ci dessous, c’est le temple Yasaka. Ca te donne une idée du temps qu’il faisait. 

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Il y a aussi des centaines de boutiques qui proposent des patisseries d’ici. Un art du design et de l’emballage vraiment très raffiné. Certaines mauvaises langues diront que ce qu’il y a dedans est dégueulasse, cela n’est pas mon cas. Je trouve qu’il y a pas mal de choses vraiment très bonnes, mais basées sur des saveurs auxquelles on n’est pas familiarisé. C’est moins sucré, moins crémeux. C’est pour ça qu’on est gros et eux pas…. Je m’achète d’ailleurs des sortes de petites galettes à base de thé vert et d’une très fine languette de crème au centre, un délice. Ils appellent ça des langues de chat. C’est dans une boutique assez classe, et c’est packagé, c’est juste pour me faire plaisir plus tard. Je t’en laisse pour Tokyo.

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Je me traîne jusqu’au métro que je vais prendre pour la première fois, il fait vraiment très lourd.

Le métro est vide, et climatisé. C’est un bonheur. Arrivé à Fushimi, j’ai la même impression que chaque fois : c’est vide. On à l’impression d’être en province.

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Il y a toute une série de petits temples et des statues de renards un peu partout. Mais la spécialité du lieu, c’est le chemin de pélerin, bati durant des siècles et qui forme un couloir de toris. En s’approchant, il y a un peu plus de touristes, majoritairement des occidentaux. J’ai l’impression qu’il y a un colloque sur l’obésité à proximité tellement c’est remarquable. Quel signe plus fort que celui-ci. L’American dream, ou le droit à l’obésité. Je m’échappe assez vite sur le chemin et y trouve ce que je cherchais, un peu de tranquillité. Plus je monte, moins il y a de monde. Je dépasse à un moment 3 jeunes nordiques que j’avais entendu plus bas. Une des filles fait la montée avec un petit casque sur ses oreilles et écoute son ipod. T’y crois à ça ? 

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A mi chemin, on t’avertis qu’il ne faut pas nourrir les singes, et que s’ils s’approchent trop, il faut éviter le contact et faire comme si on leur jetais des pierres. J’espère vraiment pas tomber sur eux, ca me fait un peu flipper les singes moi.

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Quelques panoramiques :

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Au retour, après une une heure et demie de marche, je m’arrête dans une minuscule gargotte isolée, avec une série sentimentale qui tourne sur une télévision. Me mange un Katsu-don, porc + omelette+riz en me regardant cette série, avec une petite vieille à ma droite qui mange sa soupe très bruyamment. 700 yens, un peu moins de 7 euros. Me régale, autant de l’ambiance que de mon plat. 

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Il est 15h00, je suis un peu emmerdé, j’ai fait des vidéos, et ça a rempli ma carte.

Il faut que je repasse à l’hôtel.

C’est un peu la loose du coup, je voulais me faire quelques autres temples dans la zone du centre, avec un joli jardin, mais tout est fermé à 16h30. 

Je me rabats sur la gare de Kyoto, et sur une errance pour continuer mes photos thématiques (parkings, profondeur, camions, signaux…)

La journée s’achève, la couleur du ciel est fabuleuse, une sorte de bleu. J’en arrive même à trouver la tour de Kyoto belle. Elle pâti en effet d’une très mauvaise réputation. Mais la elle jette bien (du haut de la gare et du bas de la gare pour les photos dessous).

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La gare de Kyoto est assez difficile à rendre. C’est un endroit phénoménal, sans doute l’endroit le plus vaste que je connais. C’est absolument immense, en profondeur et en hauteur. Avec une architecture très moderne. Vraiment grandiose.

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Je me suis acheté pour 1500 yens de sushis en solde au Food Mart du -2 d’ISetan, le centre commercial géant de la gare (9 étages…). C’est assez marrant, il y a 9 escalators en enfilade qui montent jusqu’au dernier étage dédié aux restaurants et comme. Ca te donne un peu l’idée de la taille du truc. Encore une fois, ca rend pas bien sur la photo. C’est assez impressionnant quand on est tout en haut.

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Il fait presque nuit, je rentre à pied à l’hotel, il doit y en avoir pour une heure. 

Je shoote comme un malade.

Je me dis que je vais ajouter quelques paysages lourdement urbain à ma liste de thématiques photographiques. Je sais que c’est battu et rebattu, mais bon, si on fait des choses que personne à jamais fait, on fait rien…

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Camions

Contrairement aux idées reçues, Tokyo est une ville tranquille. Ce qui est sans doute le plus remarquable dans le centre, quand on regarde d’en haut, c’est le vide des rues. Quelques voitures, beaucoup de taxis, et de petits camions agiles, qui sont partout. Bien sûr, il ne faut pas aller sur les expressways où c’est un peu plus tendu. Mais les expressways sont sur les passerelles, si belles et titanesques vues du dessous.

De petits camions. Pour livrer, réparer, évacuer. Rapidement. De simples camions, compacts, cohérents. Partie intégrante du paysage

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L’Art du parking 1/2

Nombre de voyageurs, quand ils reviennent du Japon évoquent la ville comme un froid bordel, anarchique immaîtrisé. C’est un sentiment assez curieux que je n’ai jamais éprouvé. En fait, mon sentiment personnel est tout à fait l’inverse. Il y a une forme d’équilibre permanent dans l’architecture et l’organisation. On sent que tout est maitrisé. Un fouilli innommable de cables électriques à chaque coin de rue ? Vous pouvez être sûr que quelqu’un sait exactement de quoi il retourne, et comment s’y retrouver. Et cela se voit. Je ne saurai l’expliquer. En tous cas, dans mes quelques acquis de photographie, mon oeil est toute la journée sollicité. De manière subconsciente et permanente mon oeil me dit : arrête toi, il y a un truc la, qui dépasse le simple exotisme.

Un de ces trucs, c’est les parkings. 

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Day 3 - Kyoto Gion, Kyomizu Dera…

Ce matin départ pas très matinal. 9h30.

Aussi étrange que ca puisse paraitre, j’ai eu une petite insomnie hier, signe que tout revient à la normalité coté physiologie horaire. Pas trop de planning non plus, ce qui n’incite pas à dormir tôt, même si je n’ai jamais dérapé jusqu’à présent. Si on peut appeller ca déraper. J’étais debout à 8h30 et sur la route à 9h30. A Tokyo (gare) 15 minutes plus tard. 

Et ensuite il m’a fallu 30 minutes pour trouver le comptoir d’activation du JR Pass, en demandant à plein d’uniformes. C’etait du genre : “simple, tout droit, un coup à droite, un coup à gauche et c’est la, y’a un signe JR”. Tu fais un coup à droite et la t’as un couloir qui fait, et j’exagère pas, au moins 500 mètres de long. Des signes JR, y’en a une dizaine sur une dizaine de postes différents. Le gag. Mais bon c’était pas si terrible que ça. 

Ensuite, une fois à l’intérieur, je voyais les gens comme moi (blancs, en surpoids, Tshirt, shorts, Tshirts dans le short…) non, en fait, pas vraiment comme moi. Ils faisaient tous pareil avec quelques trucs en plus, systématiques : il y avait une série de guichets, avec une file. Une entrée et une sortie. Ben ils passaient TOUS par la porte de sortie pour aller demander des informations aux mecs du guichet. Syndrome classique de l’occidental qui n’a pas compris ce qu’était une queue et une file. Un truc fondamental dans ce pays, à la base même de leur conception de la vie en société : où que tu ailles, il y a une règle à respecter. 

Je vais pas lancer la pierre, il m’a aussi fallu longtemps pour comprendre moi même qu’avant de faire un truc il faut un peu observer. Tiens, à Kyoto la en arrivant, j’avais oublié que dans le bus, si tu t’assois pas, ben le chauffeur il démarre pas… C’est con hein, mais le mec me faisait des gestes de la main alors que j’essayais de lui payer la course. Encore plus con de ma part. La course, elle dépend de ton parcours, alors tu la paye à LA FIN ! C’est juste marqué partout dans le bus. Bref, t’as l’air d’un zozo. Mais ils sont gentils quand même quand tu fais des erreurs comme ça, en général.

Bon, il est 10h00 et j’active mon Jrail Pass et réserve mon billet pour Kyoto. Piece of cake.

Hikari

Le train n’est pas le super rapide, auquel je n’ai pas droit : le のぞみ oui oui, je recommence à lire les hiraganas et katakanas. Le Nozomi donc. Je n’ai droit qu’au ひかり. Le Hikari donc mets 160 minutes et je suis rendu a Kyoto à 14h47 précisemment. Les shinkansen, j’adore y’aurait plein de trucs à dire sur ces trains.

Après ma gentille mésaventure dans le bus à l’arrivée de Kyoto, je débarque à Kyomizu gosho, ce que j’avais identifié comme mon arrêt pour le ryokan où je vais dormir. Déjà ça colle pas trop avec mon plan, j’ai pas vraiment d’échelle, tout est écrit en japonais (et pas en hiraganas, non monsieur, ça serait trop simple). Il y a une foule d’enfer et un bon gros soleil bien humide qui fait que je mouille la chemise en 5 minutes. Elégant. 

Je monte en gros jusqu’au temple, et je pense que c’est à gauche comme sur mon plan, mais à gauche y’a rien… donc je redescend, je tourne la première à gauche et tombe sur une rue super connue avec des geishas qui tricotent sur leurs getas sur les pavés. Très chouette, mais ça m’aide pas. J’aborde une fille dans une boutique de souvenirs. Je lui sors une des rare phrase de japonais que je connaisse, sans doute du fait de son élocution totalement infantile, parfaitement à mon niveau : “koko doko ?” (qui veut dire “on est ou ici ?”). Je lui montre la carte en agrémentant tout ça quand même de quelques formules de politesses, je suis pas un sauvage. Elle regarde la carte 30 secondes en la tournant dans tous les sens. C’est long. Et elle me la rend en me disant que c’est en dehors du visible, alors même que le temple est juste la, à 200 mètres, et qu’il est en gros sur mon plan. Je n’y comprends plus rien et remets en doute les lois de la physique ou le sens du service japonais. Improbable dans les deux cas. Je me décide donc à prendre un taxi qui va redescendre jusqu’à l’arrêt de bus d’où je suis arrivé et remonter la rue que j’avais monté une première fois en ahanant sous la chaleur déjà assez intense. Il s’arrête en plein milieu et me fait de grands signes de la main. En effet, le ryokan est la. J’étais passé devant sans le voir. C’est pas de la boulitude ça ?

ryokan

Il est quasi 4 heures quand je sors du ryokan qui est assez mignon.

Je me ballade pendant facile 4 heures. Ce coin c’est celui qui a la plus forte concentration au monde de qualification “patrimoine de l’humanité”. Impossible de marcher plus de 5 minutes sans s’arrêter devant quelque chose qui interpelle. Y’a un peu de monde, mais vraiment, j’oublie toujours à quel point cette ville est riche, et originale aussi. Plein de spécialités particulières que tu sais même pas ce que c’est. Plein de mignardises et de trucs à manger que tu sais pas ce que c’est mais t’as juste envie de les manger. J’avais faim. 

Quelques photos, juste une partie ! Que les panoramique en énorme. Les autres je vais me faire un flickr.

gion

gion

gion

gion

gion

gion

gion

Je m’arrête dans un lieu marqué sur les guides qui fait des okonimiyakis spéciaux, plus riches que nature, et que je trouve par hasard. Je me souvenais qu’ils mentionnaient la mascotte du lieu : un chien qui mord la culotte d’un garçon. Bref, j’hésite pas. Ambiance sympa. On peut fumer. Je ne me sens plus malade. Je fume. Y’avait aussi un Ginger Ale, commandé à défaut de désir de bière. Et franchement c’est un truc local que je connaissais, et avais oublié. Ca a VRAIMENT un goût de gingembre. J’ai trouvé ma boisson pour ce séjour.

oko

oko

oko

oko

Day 2 - Omote, Harajuku, Meiji Shingu, Shimo Kita

Ce matin je me suis réveillé malade. Normal. Effet prévisible de la climatisation omniprésente. Mais je suis passé dans la journée du mal de gorge lancinant à la toux grasse, signe que c’est le bout. Résolution hyper rapide du problème, aussi rapide que son arrivée. Peut-être grâce au médicament que m’a filé un docteur dans ces sortes de pharmacies/drogueries géantes que l’on trouve partout. A côté de la pharmacie, il y avait une boutique de vieux matériel photo, avec un chat qui dormait debout. Alors, voila, hop, premier sourire de la journée : le chat.

Neko

Ai décidé de me calmer un peu. Aujourd’hui, deux objectifs, Omoté Sando et sa région, le Sanctuaire Meiji, pas très loin, et Shimo Kitazawa, une sorte de village au large de tokyo, pas très loin.

Je sais pas trop pourquoi j’ai pensé faire Omoté Sando et ses extensions (Takeshita dori et Harajuku). J’ai immédiatement su en y arrivant que ca serait une mauvaise idée. C’est comme les champs élysées à Paris. J’y vais jamais, alors pourquoi diable j’irai ici ? Quand à Harajuku et Takeshita Dori, c’est sensé être une sorte de  quartier branché. Tu sais, il y a toutes ces filles et ses mecs qui font du cosplay, et toutes ces pétasses japonaises (les “kogaru”, de l’américain “call girl”), super grimées, super bronzées, montées sur des platforms de 2 kilomètres.

kogal

omote

Un temps je me souviens qu’il y avait quelques trucs que j’aimais dans les fringues du lieu, dans le style, tout ça. Mais la, j’ai vraiment trouvé ça craignos. En gros, c’est les halles, en plus gonzo. Un des rare endroit où tu trouves des blacks qui rabattent, habillés comme s’ils sortaient du Bronx, alors qu’ils viennent sans doute de débarquer de Conakry. Jamais compris ce qu’ils foutaient la. Respect pour leur capacité à parler japonais, mais sinon voila, ça donne la teinte du lieu quoi. Hyper américanisé. Ca c’est pas nouveau. Les japonais manquent totalement de distance vis à vis de cette influence. Le look hip hop ringard, l’obsession pour Disney (des tshirts mickey partout), les B Boys et les B Bands, le style “cool”. Je me demande d’ou il vient ce style cool américain d’ailleurs. Un pur fantasme mort il y a bien 30 ans. Quand tu croises un ricain, soit il est obèse, soit il est en scholl et pantacourt. Et il subvocalise, tu sais ce ton de voix particulier qui fait qu’on les entend venir de loin. Bref, je me suis pris d’une soudaine bouffée de haine pour cet endroit et ces gens. La seule chose qui m’y rattachait, c’est la petite chanson du métro, tellement typique (chaque station a sa mélodie).

harajuku

En haut de la rue, il y a un grand parc dont le centre est habité par le plus sobre et tranquille temple funéraire dédié à l’empereur Meiji. Pas vraiment un havre de paix, mais un vrai moment de verdure. Il annoncaient de la pluie, j’ai réussi à passer à travers. En fait, en sortant du métro, c’était déjà fini. Il a fait beau tout le reste de la journée. 

Meiji

meiji

Ensuite, direction Shimo-kitazawa, en passant par shinjuku, par une ligne particulière, l’Odakyu que j’ai galéré à trouver malgré le nombre de fois où j’ai pu la prendre. Shimo-kitazawa, c’est censé être un petit village en péril, typique d’un mode de vie plus tranquille. Je sais pas. J’ai jamais trouvé ça plus tranquille que d’autres endroits dans Tokyo. Certes les rues y sont plus étroites, et l’ambiance plus oisive. C’est plein de boutiques vintage et de boutique de “buy and trade”. Jamais très fan, car le vintage est souvent plus cher que le neuf. Mais la, je suis tombé sur une boutique pas mal, dans un vieux onsen désaffecté. J’y ai trouvé une jolie paire de Delta force, à 30 euros. Il me les fallait, tu penses bien.

shimo kita

shimo kita

shimo kita

Retour calamiteux sur Asakusa, qui est juste diamétralement opposé de Shimo Kitazawa. Une heure debout à l’heure de pointe. En ce moment à Asakusa, c’est la période ou ils sortent leurs petits sanctuaires portables, avec le yukatas. Je les avais croisé en début de journée, en train de faire des rituels paiens, à base de bière… et la c’était pareil. Très bonne ambiance. Me suis arrêté un peu pour les photographier en mangeant des takoyakis. 

asakusa

asakusa 2

asakusa

asakusa

asakusa

17

mai

Day 1 - Ueno, Yanaka, Tsukiji, Roppongi, Ginza

Ueno - jomyoin

Je suis parti à Ueno pour aller voir le Parc Jomyoin, direct, juste en buvant un yaourt aux fraise pêché au conbini du coin. Juste pas besoin de petit dèj. Je voulais voir ce Parc que je n’avais jamais eu l’occasion de voir, car je ne connaissais pas son existence.

Il est supposé contenir plus de 50 000 jisos, ces petites statues avec des serviettes rouges, qui marquent l’espoir des enfants à venir, le regret des enfants perdus et la protection des enfants vivants. J’ai toujours été sensible à ces figures discrètes et colorées qui marquent de leur poésie les endroits les plus inattendus.

Jiso au Jomyoin

C’était pas terrible, le lieu avait bien triste mine. Sans doute sous le soleil cela aurait été mieux, mais dès le matin, il n’a été question dans le ciel que de cette lumière blanche et laiteuse qui caractérise les jours de chaleur humide. Et franchement oui, j’ai été surpris par cette première vague. Conséquence immédiate, ce soir je suis malade, les clims tournent plus fort qu’hier.

Donc me voila en route vers Jomyoin en traversant le parc Ueno, et je ne pensais pas m’arrêter. Ueno, c’est un de mes premier contact avec ici. C’est la qu’il y avait tous les gros musées institutionnels. Ca à un peu changé depuis, il sont sensiblement plus disséminés dans la ville. Il y a aussi un drôle de lac kitsch et plein de clodos. En fait c’est connu, Ueno, c’est un refuge pour clodos. Et aussi, il y a ces arbres qui à l’été perdent leurs fruits, qui sentent très forts le vomi. Il m’a fallu croiser à nouveau la route de ces arbres à Nagasaki pour comprendre que ce n’était pas l’effet des clodos (qui n’ont rien à voir avec les notres, bien sur, comme les douaniers…).

Bref, je n’aime pas le parc où je ne vais jamais.

C’est marrant les détours de la mémoire. Me voila donc sous ce ciel plombé dans ce lieu que je n’aime pas et je retrouve ce café traditionnel que j’avais complètement oublié.

C’était tôt donc vide. Mais dans les 20 minutes où je suis resté, plein de petites vieilles sont arrivées, habilement placées par le personnel en kimono orange traditionnel. Tout le personnel communiquait en chuchotant dans des micros, avec une oreillette. Très pro. Bref, je me souviens que j’avais gouté ici ma première glace au macha, alors je me suis fait plaisir. Toujours spéciaux les desserts japonais. J’ai donc fini par prendre mon petit déjeuner.

Ueno

Ueno desserts

Me revoila parti vers Le Jomyoin. Je me perds un peu pour y arriver et tombe dans le quartier Yanaka, un quartier comme les autres, et qui illustre parfaitement ce genre de lieux résidentiel qui rend Tokyo si agréable. En moins de 10 minutes à pied, où que l’on soit, on peut se retrouver dans des petits villages, arborés, tortueux et tranquilles, avec des pots de fleurs  partout, des chats qui se roulent à tes pieds. Toujours émerveillé moi par ces ambiances de “famille yamada” juste à côté d’une des plus grosse gare de la ville.

Quartier yanaka

Uguisudani

Je marche un peu jusqu’à la gare d’après qui est Uguisudani.

C’est un concept dangereux ici celui de “marcher jusqu’à la gare d’après”. La ce qui m’a sauvé c’est que j’ai trouvé plein de paysages très structurés, qui m’ont bien occupé en photo.

Uguisudani, c’est ce genre de spot à Love Hotel. Ce genre d’endroit que tu vois en passant en métro, et qui sont jamais sur les guides comme 90% de la ville. Tu passes devant, a toute vitesse et tu vois bien qu’il y a quelque chose, mais tu t’arrêtes jamais. Un jour j’aimerai bien m’arrêter partout, sur la Yamanote (un sorte de metro périphérique), et systématiquement explorer ces lieux oubliés des touristes. La c’est donc un coin à Love hotels. Il y en a partout, en concentration dense. Prix allant de 3000 à 7000 yens (30 à 70 euros). Sans doute y est il possible d’y rester dormir puisqu’il y a des formules “to stay”. Je m’y perds un peu avant de reprendre ma route. 

Love Hotels

Tsukiji

Sur mon chemin sur la Ginza line, il y a Tsukiji. C’est le genre d’endroit où il vaut mieux aller à 4 heures du matin pour voir la fourmilière organisée de ce marché de la pêche. Le plus gros au monde. J’ai un nombre incalculable de photos de cet endroit, hyper photogénique, et d’ailleurs arpenté par les photographes japonais que j’ai plusieurs fois vu tirer des portraits de pêcheurs au Mamyia 7. La il est 13h, et je me dis que c’est un bon endroit pour aller manger un brin. Tant qu’à faire, je passe quand même par le marché pour voir comment c’est. Vide. Et du coup, ca change de mes expériences antérieures un peu hystériques. Il faut toujours éviter les triporteurs motorisés de livraison, composer avec ces pécheurs tatoués qui cavalent partout et coupent d’énormes thon à la scie. 100% occupés. 100% dans leurs pattes.

Même vide, le lieu résonne de plein de vie. 

Tsukiji

Tsukiji

Tsukiji

Tsukiji

Je me souviens bien d’ où on mange, juste à la sortie du marché. Je me souviens aussi que les prix y sont assez élevés. Cela n’a pas changé. Si je veux me faire plaisir, il m’en coutera au moins 25 euros. Je quitte donc l’artère purement commerçante pour revenir sur la rue où j’avais remarqué plusieurs minuscules enseignes. La, pour 500 yens, je me fais 2 bols énormes. Oursin et Saumon.

Bouffer à Tsukiji

Tukiji

Tsukiji

Roppongi

J’atteins roppongi vers les 16h00. A l’origine, la il n’y avait guère qu’à voir Les “hills”, et le restaurant “Gonpachi” plus bas sur la rue, célèbre pour la scène de massacre de Kill bill. Les expos du Mori museum au 52eme étage de la tour Mori sont toujours un must. J’y ai vu une retrospective Bill Viola ahurissante vers 2005 : projection dans d’immenses salles noires sur d’immenses écran transparents de vidéos à 200 images secondes. J’en étais pas sorti indemne. 

Mais la, il s’agit d’une artiste coréenne : LEE. Prometteur à l’écrit avec des représentations oniriques et moulages techno-organique. Juste chiant au final, avec un discours féministe et contestataire assez peu lisible. J’aurais du me méfier, la vidéo de présentation montrait un curateur faisant de grands gestes enthousiastes de la main, au niveau de son oreille comme si’l avait plus à respirer, devant une sorte de plat de nouille. J’aurais du me méfier. J’ai pas de photos parce que c’était interdit. On sait jamais hein, j’aurai pu les revendre sous le manteau. Des représentations d’oeuvres tellement exceptionnelles…

Par contre, la grande attraction du moment semble l’expo géante de One Piece. Quoi tu connais pas One Piece ? J’ai laché l’affaire après le volume 20 de cette série qui en compte plus de 60 (à 300 pages par volume, tu calcules, ca fait une bd de près de 20 000 pages, faut avoir le temps…). Tous les ingrédients de la série à succès. Et ici c’est vraiment un phénomène dont on imagine mal l’ampleur. La foule est juste démente pour accéder à l’expo, il y a des affiches partout dans le métro. Le café du Mori sert des menus spéciaux, qui parleront aux amateurs. Et un comble, on ne peut accéder à la boutique que si on visite l’expo, un concept marketing assez exclusif. 

La foule attend One Piece

One piece au Mori Museum

One piece dans le metro

La boutique du Mori elle même est pleine d’objets qui relève plutôt de la culture pop que de l’art. Entre Lee et ses formes meca-organiques, One Piece et tous les résidents du Mori (murakami, Gotai…) on assiste vraiment à une kawaisation de l’art dans ce pays, si tant est qu’il faille encore le constater

National Art Center

Juste en face des hills de Roppongi, il y a deux nouveaux lieux depuis quelques années : le National Art Center qui remplace une ancienne caserne géante, coupée en deux, d’un côté une école d’art appliqué, de l’autre ce musée magnifique de 50 000 mètres carrés, conçu par Kisho Kurokawa. Rien que le lieu vaut le détour. Quand aux expos, il était 17h30, et il y avait un truc genre “Cezanne - Paris” et “Matisse”. Le genre d’expo à la con qu’on se refile depuis 20 ans de pays en pays. Franchement, je préfère One Piece, au moins on rigole.

Tokyo National Museum

Tokyo National Museum

One piece au Mori Museum

photos 16 et 17

Tokyo Midtown

Juste à côté il y a le Tokyo Midtown. Le lieu n’existait pas il y a 5 ans, sorti de terre comme ça, avec une tour géante, la plus grande de Tokyo, tout juste dépassée par le Tokyo sky tower fini au mois d’Octobre dernier et dont on va inaugurer l’ouverture au public la, le 22 mai. 635 mètres. Vertigineux. Même moi qui aime les vues panoramiques, je pense que ca me mettra un peu les boules de monter la haut. Alors ce Tokyo Midtown, déjà c’est le genre d’endroit qui n’existent pas chez nous et qu’on ne verra sans doute jamais vu l’appauvrissement constant de notre pays. Un truc prévu pour trainer, faire du shopping, mais en géant et ultra classe. Comme s’il n’y avait pas de crise de l’immobilier dans ce pays. Le truc qui te fait dire, bien plus qu’après un passage sur Bond Street : “ok, ca c’est vraiment un pays où les gens on vraiment un blé inimaginable”. Nous chez nous, quand on essaie de faire pareil, ca donne “Colette”, ou si je veux être méchant, la “Vache Noire" à Arcueil.

On y trouve aussi le genre de fille post nucléaire à qui on a appris à marcher sur des talons (rare en ce pays), et à utiliser parfaitement certaines fonctions de photoshop : lasso, flou gaussien, correction selective, masque de fusion… Le genre à ne pas vous regarder de haut, avec une certaine élégance. Elles se baladent en groupes filiformes, incarnations parfaites du “slim”, que tu ne croiseras jamais dans le métro. Et en même temps cette sorte d’aisance héritée de nombreuses générations de bonne fortune et de vrai fortune. Mais bon, je me fais sans doute des idées. Des filles qui vont avec ces boutiques géantes ultra design et asseptisées. Ca m’a fait penser à  Pudong en face de Shangaï, tu sais, dans ces tours géantes, il y a des boutiques pareil, des hôtels de science fiction qui tournent en spirales coniques au 60ème étage. Et des marques de luxe tellement luxueuses que tu les connais même pas. 

Bref, c’est un peu sur les guides, pas trop. Moi je recommande vraiment. Juste pour le détour.

Tokyo Midtown

Tokyo Midtown

On y trouve aussi un musée un peu authentique, assez orienté culture jap : le Suntory Museum. Franchement mieux comme programmation.

Ginza

Tant qu’à faire, dans la foulée, et comme j’étais à 4 stations en métro, me suis fait un petit tour sur Ginza, pour faire les soldes bouffes dans un des supermarchés luxe de la rue. Me suis pris des sushis à 50%, orgie de sushis pour 10 euros (et toujours des oursins !). Special dédicace Mauboussin.

Ginza

Ginza

Ginza

Voila, il est 9h00, je me rentre manger mes sushi.